Hier soir, avait lieu la seconde nuit des musées. Certains musées étaient ouverts gratuitement de 18h à 23h ou 24h et proposaient des animations originales. Evidemment qui dit gratuit, dit blindé de monde et il a fallu faire des choix parmi la foule de propositions que la ville de Paris nous offrait. Nous avons donc choisi de nous arrêter dans 3 endroits différents : l’expo Dora Maar au Musée Picasso, la Maison de Victor Hugo et le Musée Rodin.

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Le Musée Picasso

Nous avons commencé cette Nuit des Musées par l’expo « Dora Maar-Picasso » qui retrace le dialogue créatif du peintre et de la photographe. Le Musée Picasso nous offre une redécouverte passionnante en explorant les relations entre Dora Maar et Picasso de 1935 à 1945. Des centaines d'œuvres majeures du peintre mélangées à des toiles, des photographies et des documents inédits provenant du fonds Dora Maar reconstituent la chronique de cette tragique époque et de cet amour jusqu'alors très peu dévoilé au public. Le peintre s'est nourri de cette passion qui a su le transcender et le ramener vers la peinture. Dora Maar va habiter le développement de "la métaphore mythologique" que Picasso développe au cours de ces années autour du thème du Minotaure (elle devient harpie, diablesse, Minotauresse). D'autre part Dora produit une chronique photographique de la réalisation de certaines toiles, notamment Guernica, un témoignage passionnant sur l'évolution de cette toile peinte en noir et blanc. Par ailleurs elle inspire la plupart des figures de femmes réalisées par Picasso au cours de cette période, elle est au centre du grand papier collé de 1938 Les Femmes à leur toilette, on la retrouve dans la figure de La Femme qui pleure souvent reprise dans cette période.
J’ai été étonnée de la richesse de cette expo que je ne pensais plus pouvoir visiter (elle se termine demain) et surtout pas gratuitement ! J’ai appris beaucoup et l'exposition apporte un éclairage remarquable sur les relations complexes entre les deux artistes. Un très bon plan donc !

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La Maison de Victor Hugo
Vers 20h, nous sommes arrivés à l’Hôtel de Rohan-Guéménée, place des Vosges. Nous avons pris plaisir à visiter le deuxième étage de l’immeuble où Hugo a vécu pendant 16 ans et où il a écrit quelques-unes de ses œuvres majeures. La visite de l’appartement suit aujourd’hui les étapes de la vie de l’auteur, de l’antichambre où les lieux et portraits évoquent sa jeunesse, jusqu’à la chambre, en passant par le salon chinois et la salle à manger d’inspiration médiévale. Nous avons également pu assister à une courte mise en scène de textes de Victor Hugo par le Théâtre de l’Impossible : 2 comédiens accompagnés d’une harpiste nous ont fait découvrir le texte d’Hernani dans le contexte de la fameuse bataille qui avait défrayé la chronique à l’époque.

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Le Musée Rodin
Le musée Rodin a créé un parcours lumineux dans le parc de l’hôtel Biron où se déploient sur 3 hectares plus de 25 œuvres du maître. Ces installations lumineuses consistent en des « douches » de lumière faites par des projecteurs de scène prêtés pour l’occasion par l’Opéra de Paris. Des lampes frontales étaient offertes aux visiteurs pour se déplacer en toute sécurité dans les zones d’ombre du parc et ainsi découvrir les œuvres par le « détail » comme le suggérait Rodin lui-même : « On fera bien de les examiner (les sculptures) dans la nuit à la lueur d’une lampe ou d’une bougie lentement projetée sur toutes les faces ; on verra surgir des muscles qu’on ne voyait pas, des modelés, qu’on ne soupçonnait pas, et enfin tous les détails qui, mis à leur place et dans leur expression de forme, reliés les uns aux autres, forment cette unité qui caractérise le beau. La sculpture est mouvante, elle se transforme sus les éclairages. Elle donne des impressions et des expressions différentes dans ces transformations, mais elle doit, si elle est belle, toujours donner l’aspect de la vie. » Malheureusement, le musée n’avait pas prévu que les Parisiens arrivés en premier partiraient sans rendre les fameuses petites lampes. Du coup, on a du compter sur les gens qui avaient de la lumière pour voir les œuvres de Rodin dans le noir et c’était pas toujours évident. M’enfin il y avait tout de même une atmosphère particulière à déambuler dans l’obscurité près de ces géants de bronze éclairés de temps à autre par quelques rayons lumineux. Voilà donc un étrange et inquiétant parcours que je m’empresserais de refaire l’an prochain, mais à la lumière de la torche que j’amènerais cette fois-ci !

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