Bliss In The City

Le Blog-Notes d'une Etudiante à Paris

10 avril 2007

L'Heure de l'Opéra

opera

En voilà une émission qu’elle est intéressante ! "L'heure de l'opéra" est une série documentaire qui propose une approche pédagogique des grandes oeuvres lyriques. Son premier numéro, il y a deux mois de cela, fut consacré au "Barbier de Séville" de Rossini. Alors, j'ai redécouvert cet opéra dont je connaissais uniquement les grands airs les plus connus... un régal, j'étais scotchée devant ma télé. C'est l'un des plus grands opéras populaires et même si on n’aime pas particulièrement la musique classique, comment ne pas être étourdi par le style musical d'une telle oeuvre ?

Bref, au cours de l'émission de grands artistes, des personnalités du spectacle, des musiciens ont apporté un éclairage sur la vie du compositeur, le contexte dans lequel l'opéra a été écrit, ses caractéristiques, son impact à l'époque. Tout en restant pédagogique le tout était très digeste, j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre cette émission et à écouter les morceaux les plus connus de cet opéra. Lorsqu'un chef d'orchestre explique le dialogue entre une voix et l'orchestre, qu'un artiste lyrique parle de jonglage vocal, qu'il dit comment Rossini écrivait sa musique en moins de quinze jours, et qu'un extrait vous le fait entendre, alors tout devient clair !

Après un premier volet consacré au "Barbier de Séville" donc, Alain Duault analyse et commente un nouvel ouvrage lyrique: "La Traviata" de Giuseppe Verdi (oeuvre créée à la Fenice de Venise en 1853 et qui connut un échec retentissant, a contrario de son succès actuel). Casting de rêve au programme du deuxième documentaire de la série. Les meilleurs interprètes de l'heure répondent aux questions d'Alain Duault: les Violetta d'hier (Ileana Cotrubas qui fut une Violetta d'anthologie sous la direction de Carlos Kleiber!), et de demain (Natalie Dessay qui chantera le rôle en 2009), sans omettre celle d'aujourd'hui: rien de moins que la soprano qui monte, née russe, citoyenne autrichienne depuis peu, l'irrésistible Anna Netrebko. De nombreux extraits musicaux sont tirés de la production enregistrée au Festival de Salzbourg en 2005, avec la soprano, et Rolando Villazon, son partenaire de prédilection. Autres témoins: June Anderson, Patrizia Ciofi, le chef Jean-Claude Casadesus et la metteuse en scène, Irina Brook. En complément, un hommage est rendu à Maria Callas qui sut en 1955, exprimer l'humanité émouvante de la comédie de moeurs.

traviata

Petite briefing pour vous donner envie (oui, c’est mon opéra préféré et j’ai eu le privilège de le voir de mes yeux à Bastille il y a quelques années) : la vie de la vraie "Traviata" fut un feu de paille, aussi flamboyant qu'éphémère. D'ailleurs, la production lyrique qui illustre le propos, dans la mise en scène d'Herbert Wernicke, met l'accent sur le sentiment d'un temps compté. L'héroïne a-t-elle conscience de vivre ses derniers instants au travers d'un amour miraculeux? C'est pourtant ce qui se passe et lui assure, d'une certaine façon, sa rédemption après une vie de débauche et de perdition morale.

De son véritable nom, Alphonsine Duplessis née en Normandie devint à Paris, Marie Duplessis, l'une des courtisanes les plus célèbres du Paris des années 1820. Elle devait mourir à 24 ans. L'un de ses admirateurs, Alexandre Dumas fils lui dédia son roman et une pièce de théâtre, "La Dame au camélias" où l'héroïne s'appelle Marguerite Gautier. Verdi remarque la pièce et décide de l'adapter en opéra: ainsi la Traviata (la dévoyée) allait naître sous le nom de Violetta Valéry. La Traviata est un ouvrage sombre et sacrificiel, pourtant emprunt d'un certain mysticisme amoureux. Au moment de mourir, Violetta Valéry, courtisane parisienne, suscite un pur amour, celui d'Alfredo. Touchée par son innocence et sa pureté, la courtisane se laisse séduire, s'éveillant peu à peu à cette idylle sincère. Sous la pression sociale, incarnée par le père du jeune homme, la femme renonce au désir naissant afin de ne pas ternir l'honneur de la famille de son jeune amant. Dure loi de l'opéra que d'opposer toujours, la liberté des coeurs à l'inflexible morale bien pensante. Le rôle est devenu incontournable pour toute soprano dramatique, soucieuse d'imposer en plus de sa vocalità, un jeu dramatique, intense et tragique. Verdi traite ici pour la première fois, une intrigue dont le cadre est sa propre époque: le Paris du XIXème siècle. Le dramaturge qui a souvent traité le roman historique d'après Hugo ou Shakespeare, s'intéresse, en un huit clos à trois (Violetta, Alfredo, Germont qui est le père d'Alfredo), à un fait divers, une comédie de moeurs, intimiste, presque étouffante.

En 52 minutes, tous les aspects de cette oeuvre majeure de l'opéra romantique italien nous seront révélés : visions des interprètes sur chacun des personnages, commentaires sur la musique et le développement du drame qui trouve aussi dans la vie personnelle du compositeur de douloureuses résonances… Ca promet ! Ce deuxième numéro de "L’Heure de l’Opéra" sera suivi de l’œuvre dans son intégralité (mais là, bon, à vos magnétos sauf si vous êtes des papillons de nuit, évidemment !).

Rendez-vous samedi soir, 23h05 sur France 3… Pourquoi diffusent-ils toujours ce genre de programme aussi tard ?!

Posté par BlissNYC à 08:14 - Dans ma lucarne - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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