24 avril 2007
Up & Down Ciné du Moment
Pas grand chose au ciné en mai à part quelques comédies romantiques, le dernier Fincher et le retour tant attendu de Jack Sparrow, je vais donc me rattrapper sur les sorties DVD... en attendant :
UP
** Goodbye Bafana
Pitch: La vie de James Gregory, un Sud-Africain blanc, gardien de prison en charge de Nelson Mandela, de l'incarcération de ce dernier dans les années 60 à sa libération en 1990. Pendant 25 ans, Gregory s'est occupé de Mandela jour après jour. Il a été son géôlier, son censeur mais aussi son confident, de Robben Island à Pollsmoor, et enfin jusqu'à Victor Verster d'où il fut libéré en 1990.
Bille August n'a jamais eu la réputation d'être un metteur en scène innovant ou au style très percutant. Et ce n'est pas ses deux palmes d'or qui peuvent y changer grand chose. Mais, adapter les mémoires du geôlier de Mandela, peut donner quand même quelque chose de fort, et là où il a réussi son coup : quelque chose de très touchant. Et cela malgré son académisme et sa réalisation très classique. Le cinéaste parvient en effet, avec pudeur et retenue, a distiller une émotion sans fioritures, sans ce "trop" qui gâcherait tout. C'est une histoire vraie, l'histoire d'un homme, symbole de toutes les luttes pour la liberté et celle d'un pays symbole de toutes les oppressions. Le sujet est fort et on passe aisément sur la pauvreté de la mise en scène pour n'en retenir que le propos. Certes le pathos est là pour tirer les larmes, et quelques scènes chocs sont là pour secouer un peu. Ajouter à cela une interprétation hors paire et le tour est joué. Joseph Fiennes est parfait et le duo qu'il forme avec Diane Kruger est très crédible. Tout comme toutes les scènes avec Dennis Haysbert qui joue Mandela. A voir donc pour le devoir de mémoire sur l'Apartheid et pour des acteurs inspirés.
Mi UP - Mi DOWN
Infamous
L’an dernier j’avais vu "Truman Capote" de Bennett Miller et j’en conserve un excellent souvenir. "Infamous" de Douglas McGrath raconte la même histoire. Curieux ce remake à une année d’écart. Les américains nous gratifient généralement de copies de films étrangers ou plus généralement de séries jusqu’à épuisement du fillon ! Ici il ne s’agit évidemment pas du même procédé. Le hasard voulait que deux réalisateurs s’attellent au même sujet au même moment. Et tant mieux.
On connaît le synopsis: Truman Capote, écrivain célèbre tombe sur un fait divers crapuleux au fin fond du Kansas. Une famille de riche fermier, bien sous tous rapports est sauvagement assassinée. Truman Capote quitte ses salons de piplettes pour aller enquêter sur la psychologie de villageois confrontés à l’horreur d’un tel crime. Pour Capote c’est une plongée dans la profonde Amérique dont il s’est écarté depuis qu’il réside à New York.
Il débarque avec Harper Lee (Sandra Bullock) à Holcomb, trou perdu au milieu d’une plaine déprimante. Comme il fait plus queer que queer il ne rencontre qu’hostilité de la part des autochtones. Néanmoins il parvient à répéter son numéro de pipeolette vacharde ce qui attendrit les petits bourges locaux et du coup il commence son enquête, son reportage. S’ensuit le formidable travail de roman-non fiction qui lui apportera une véritable consécration. Il s’entiche d’un des assassins, Perry Smith (Daniel Graig) et entre eux va se développer une relation ambiguë. Chacun représente une facette de l’autre. A la force brute et brutale de Perry qui rêve d’émancipation intellectuelle et créatrice répond la sensibilité créatrice qui masque la souffrance de Truman. Ces deux là ne pouvaient que se reconnaître, dès le premier regard même si leur relation demeura inaccomplie.
Tout semble en place pour comparer les deux films, Philip Seymour Hoffman paraît un tantinet supérieur à Toby Jones qui joue un peu trop sur l’aspect "grande folle" de l'écrivain surtout au début du film. Le film de Miller dissèque plus profondément les ressorts psychologiques de Truman Capote tout en restant plus à distance et qui apparaît sous des aspects peu sympathiques. Dans "Infamous" ou si vous préférez Scandaleusement Célèbre" on ressent plus la proximité affective et chaleureuse entre les deux protagonistes. La description et le déroulement du crime sont étoffés, alors que dans "Truman Capote" ils ne sont qu’évoqués ce qui conduit Capote à réclamer une confession à Perry. Au fond je garde une préférence pour le "Truman Capote" car il propose une réflexion plus intense sur le processus de création littéraire, de sa force à nous emporter au delà du raisonnable. Truman Capote ne s’en relèvera pas.
DOWN
Dangereuse Séduction
Pitch: Rowena est une journaliste d'investigation. Lorsqu'elle découvre que Harrison Hill, le très puissant publicitaire, est peut-être lié au meurtre de son amie, elle décide de mener son enquête. Pour se faire et l'approcher, elle va endosser deux identités, celle de Katherine, une intérimaire employée de sa société et Veronica, une jeune femme avec laquelle Hill flirte sur internet.
Attention: navet de l'année, à fuir de toute urgence ! Après un "Confidence" très plaisant où James Foley s'amusait à manipuler le spectateur, le voici de retour avec "Dangereuse séduction" qui signe son incursion dans le thriller sexy (enfin, façon de parler, on est quand même plus proche de "7 à la maison" que de "Basic Instinct"!!) et il faut dire qu'il n'est pas gâté le pauvre, entre un scénario d'une confondante platitude (qu'est-ce qu'on s'ennuie !), des rebondissements mous (le coup du "j'me fait surprendre dans le bureau en train de fouiller partout" provoquera sûrement de nombreux fous rires), des comédiens qui n'ont rien à faire là (Bruce, t'aurait pu lire le scénario avant de signer, tu te serais peut être rendu compte que t'avais rien à jouer) et Halle Berry, qui se contente d'être belle... Fiez vous au titre français, prétentieux et racoleur, le film est à cette image.
A VOIR PROCHAINEMENT :





