Bliss In The City

Le Blog-Notes d'une Etudiante à Paris

28 avril 2007

Escape

Je m'en vais en Normandie dans un splendide manoir (faut bien se la péter "relai-château" de temps en temps... ou pas!) pour quelques jours histoire de profiter un peu du soleil (croisons les doigts) et de la mer en amoureux ^^

mp

photo1_3             mpp


Excellent Week-End à tous :)

Posté par BlissNYC à 07:00 - Carnets de Voyages - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


26 avril 2007

Stephen King ou l'angoisse de l'Ecrivain

anges_bougieIl me semblait que la soirée était le moment propice pour vous parler un peu d'un écrivain cher à mon cœur. Cher au cœur de beaucoup d'entre vous aussi, j'en suis sûre. Et sans doute y en-a-t-il aussi parmi vous qui n'ont jamais lu Stephen King, tellement est grande la peur d'avoir peur... vous connaissez la peur d'avoir peur ? C'est la pire. Alors, à ceux qui ont toujours évité Stephen King parce que c'est de la littérature qui fout la trouille, je voudrais dire deux choses : Primo, c'est de la littérature. De la bonne. Stephen King ne sera jamais sur la liste du Booker Prize parce que ses livres ont des couvertures noires, mais on s'en tape. C'est un grand écrivain. Ses personnages sont épais, crédibles, ses histoires sont complexes et se plantent dans l'imaginaire à la manière des dents de vampire. Il y a eu, depuis, une multitude de petits Stephen King, très loin d'égaler le maître. Il faut dire que ce n'est pas évident de se mesurer à quelqu'un qui écrit pour ne pas devenir fou !
Deuxio, prenez cinquante lecteurs, chacun vous racontera un Stephen King différent. Certains préfèrent les récits horrifiques, d'autres les nouvelles, d'autres encore la science fiction... ce soir, je m'en vais vous livrer "mon" Stephen King. En 4 romans. Mes préférés. J'aurais pu aussi en inclure d'autres, comme "La ligne verte", "Ça", "Cujo" ou encore "Jessie", mais j'ai choisi quatre romans qui parlent d'un écrivain. Ou des grandes misères et des graves dangers qui guettent l'écrivain consciencieux... Alors, vous êtes prêts ? On y va.

shiningSHINING
On commence par un des plus anciens, "Shining", le deuxième livre qu'il a écrit, à l'époque où il n'imaginait pas une seconde qu'il deviendrait ce qu'il est. Beaucoup d'entre vous connaissent l'histoire je suppose (merci Kubrick): Jack Torrance est un écrivain en bout de course, ancien alcoolique devenu sobre avec difficulté, pour l'amour de sa femme Wendy et de son fils Danny. Comme ils sont fauchés, que leur mariage est au bord du gouffre, et que Jack ne sait plus comment renouer avec une potentielle carrière littéraire brisée dans l'œuf, il accepte un poste de gardien d'un hôtel immense au fin fond du Colorado, pendant la saison d'hiver, où l'hôtel est vide et fermé, où la neige vous coupe du monde extérieur, et où personne ne peut vous entendre hurler, même si votre vie en dépend. Faut-il être inconscient. Ou désespéré...
Quand on lit le livre, souvent, on se focalise sur l'enfant. Car Danny a un don. Il a le "shining", un don de voyance un peu particulier. Un "ami" imaginaire, Tony, vient lui montrer des choses qu'il ne comprend pas toujours, mais qui font peur, et il s'évanouit. Or, l'hotel où ils vont habiter des mois durant est vide de clients mais regorge de fantômes... dont Danny va faire la connaissance malgré lui.
Mais ce soir, je voulais qu'on se concentre sur Jack Torrance, l'écrivain. C'est un homme plein de blessures et de failles. Il aimerait chérir son fils et sa femme, il les aime de tout son coeur, mais il a failli une fois déjà. Il est tombé dans l'alcool jusqu'au cou, il a cassé le bras de son fils, senti le divorce menacer. Il accepte un job minable, il se fait humilier par son employeur. Et il reste seul, avec sa femme qui se méfie un peu de lui, et son fils, qui est bizarre. Et puis, il commence à être fasciné par l'immensité de l'Overlook, cet hôtel perché dans les montagnes, à 1h30 de voiture du premier village. Et un jour, il descend dans le sous-sol, et là, il tombe sur tout un tas de paperasses. Et voilà qu'elles racontent l'histoire de l'Overlook, ces paperasses. Un monceau de coupures de presse remontant du fond des temps, des photos, des cartons d'invitation, qui dressent un tableau macabre, une épopée où les stars de cinéma s'entremêlent à la mafia, aux crimes crapuleux, aux assassinats. Et ça y est, il le tient, SON livre, le livre de sa vie !

Quel écrivain ne rêve pas d'un sujet en or ?.. Seulement Jack reste fragile, autodestructeur. Alors il appelle son employeur, pour lui faire part de son projet. Une belle idée : couvrir de boue la légende dorée de l'hôtel, en disant la vérité. L'employeur s'en étrangle, et passant par un intermédiaire, le remet à sa place: il sera renvoyé, piétiné, s'il écrit ce livre.
A partir de là, Jack est un écrivain muselé, et il commence à perdre les pédales. Il se glisse dans les pantoufles du précédent gardien de l'Overlook, Grady, qui a fini par massacrer sa famille... Et la première fois qu'on lit le livre, on se dit que Jack devient fou parce que Danny a réveillé les fantômes de l'hôtel avec son "shining". Mais à la relecture, je pense que c'est Jack qui les a tirés de leur assoupissement, en faisant son travail d'écrivain. Voilà, la dépendance d'un auteur envers son sujet, qui ressemble parfois à celle de l'alcool (Jack a tous les symptômes de l'alcoolisme sans boire dès l'instant où l'hotel s'empare de lui), qui rend aveugle et sourd à ceux qu'on aime, qui fait tout disparaître devant les exigences du roman...

miseryMISERY
Pour continuer, accordons-nous une pause de relative détente avec "Misery". Datant de 1987, "Misery" raconte l'histoire tragicomique de Paul Sheldon, écrivain dans la force de l'âge qui, après avoir payé les études de ses enfants grâce aux aventures d'une héroïne à l'eau de rose, Misery Chastain, décide de la liquider afin de se mettre à écrire "de la vraie littérature." Il a tué son héroïne, avec plaisir et soulagement. Il a écrit un autre roman, un vrai, tandis que le dernier Misery est sous presse. Il est heureux. Il est allé écrire la fin de son livre au fin fond du Colorado (un coin dont les lecteurs de "Shining" ont appris à se méfier), dans un chalet, tout seul, selon un rituel superstitieux. Et voilà qu'en redescendant vers la civilisation, pris dans une tempête de neige, il a un accident fatal avec sa voiture. Enfin, pas immédiatement fatal... car il est sauvé in extremis, et par une infirmière, le veinard ! Elle va le "soigner", le couver, le chouchouter, car elle est "sa plus fervente admiratrice". Elle vit par et pour "Misery", son héroïne. Quand il découvre qu'elle est complètement tapée, c'est trop tard. Il est impotent, elle le séquestre tandis que ses proches le croient mort, et pour rester en vie, il doit racheter sa faute impardonnable, et ressusciter Misery. Ecrire pour survivre. Un écrivain prisonnier de son personnage, ça ne vous rappelle rien? ... Eh oui, Conan Doyle, qui avait tué Sherlock Holmes, lui avait tricoté une mort pleine d'élégance, et fut obligé de le ressusciter devant le tollé de ses lecteurs... On ne se défait pas si facilement d'un personnage récurrent. Voyez Patricia Cornwell, ligotée à Kay Scarpetta, à ses névroses, à ses plats italiens et ses amours insatisfaisantes... Pour revenir à "Misery", c'est un livre aussi drôle que macabre. Le héros a un humour corrosif, et il en faut, quand on est obligé de réécrire les aventures d'une héroïne qu'on a prise en grippe avec une machine à écrire où il manque la lettre "n" ! Et pour ceux qui auraient vu le film (excellemment joué par James Caan et Kathy Bates), le livre est encore plus drôle, et encore plus noir.

partenebresLA PART DES TENEBRES
En plat de résistance, je vous propose "La part des ténèbres". Je l'aime beaucoup, parce que comme "Misery", il illustre à merveille les travers de la vie professionnelle de Stephen King. Le héros, Thad Beaumont, est un auteur qui n'a réussi à percer qu'en écrivant des romans noirs sous le pseudonyme de Georges Stark. Il vit dans le Maine, à Castle Rock, un lieu qui doit être habité exclusivement par des personnages de Stephen King, si on en croit le nombre de ses romans qui s'y déroulent ! Parfois, Thad essaie d'écrire des livres "sérieux" sous son nom, mais chaque fois, c'est un flop. Et voilà qu'un jour, il en a assez, lui aussi, il liquide Georges Stark. Comme Georges Stark est censé exister vraiment, il lui fait même de vraies funérailles, et fait part de sa mort dans la presse. Et quelques jours plus tard, alors qu'il vit peinard avec sa femme et ses deux petits jumeaux (qui ont dix-huit mois, mais sont deux personnages qui existent pleinement, preuve supplémentaire du talent de cet auteur qui incarne les enfants avec beaucoup de vérité et de respect, un peu comme Spielberg), un inconnu dont le signalement répond à celui de Stark commence à semer des cadavres le long d'une route sanglante qui mène à Thad Beaumont. Lequel réalise qu'il a donné vie à son double ténébreux en lui organisant un enterrement ! Ils vont donc se mesurer l'un à l'autre, en un duel sans merci. Car Georges Stark, qui a rendu Thad Beaumont si riche et si populaire, est très en colère, et à juste titre, contre ce créateur qui l'a renvoyé ad patres...
D'un autre côté, on peut comprendre cette soif de reconnaissance personnelle qui pousse le héros à se débarrasser de son pseudonyme. Car un pseudonyme, c'est toujours un masque. Ce n'est pas anodin de publier sous un autre nom : on le fait parfois pour séparer sa vie privée de sa vie d'auteur, et laisser le champ libre à l'artiste en soi qui n'est pas forcément "présentable" ou courtois, alors que son alter ego tient son rôle dans la société avec civilité. Il peut se former alors un couple à la "Jekyll et Hyde", non sans tensions ! Dans tous les cas, il s'agit malgré tout de donner naissance à un autre soi, qui n'appartient plus tout à fait à sa famille, ni à son entourage. Un être neuf. Ici, le pseudonyme sert à assumer à sa place ce que l'auteur estime être de la "mauvaise littérature", c'est à dire de la littérature "noire", l'inverse de la "blanche", celle qui trône aux cocktails littéraires et boit du champagne avec des gants immaculés. Et Thad Beaumont, même s'il s'est constitué un public fidèle grâce aux récits macabres de Georges Stark, rêve de reconnaissance littéraire. Au fond de lui, il aimerait ne pas être cantonné dans la littérature gothique. Il aimerait qu'on voie en lui un écrivain qui écrit sur nos angoisses, par un "auteur de thrillers". Ce sentiment est à mon avis très profondément autobiographique, mais heureusement, il y a de par le monde des gens qui ont su reconnaître depuis longtemps l'écrivain Stephen King sous l'étiquette collée une fois pour toutes par les maisons d'édition. Ce roman illustre aussi la difficulté d'un auteur à sortir de son registre. Non seulement parce qu'il y aurait pour lui le risque de semer son lectorat en route (et c'est le cas pour Thad Beaumont), mais surtout parce qu'un écrivain retourne toujours sur les lieux de ses obsessions primitives. Et si Stephen King écrit si bien sur l'angoisse, c'est parce que c'est son terreau, le carré d'herbes sauvages et vénéneuses qu'il lui faut toujours défricher pour exister en harmonie avec lui-même.

sac_dosSAC D’OS
Pour le dessert, je vous ai gardé un plat de choix, une vraie pièce montée, un chef d'œuvre que même les plus trouillards d'entre vous vont aimer et que j’ai découvert très récemment (et qui m’a donné envie d'écrire ce post que personne ne va lire précisément). Il s'agit de "Sac d'Os", écrit en 1998. Retournons dans le Maine, entre Derry et Castle Rock, au bord du lac Dark Score. Le héros, Mike Noonan, est un écrivain à succès, qui écrit un livre par an (non, 2 ! Comme Amélie Nothomb : il en publie un, et planque le deuxième dans un coffre-fort), conformément aux souhaits de son éditeur. Il a une jolie femme, Johanna, dont il est très amoureux. Il n'est peut-être pas l'écrivain qu'il aurait rêvé d'être, il n'est pas dupe de l'utilisation cynique que son éditeur fait de lui, mais ça lui va.
Mais un jour, sa femme se fait écraser bêtement, en traversant la rue. Et le laisse avec un cœur brisé et une gigantesque panne d'écriture. Qu'il dissimule un temps grâce aux "noisettes" qu'il a accumulées dans son coffre-fort. Puis, il arrête publiquement sa carrière, et se retire dans la maison de vacances que sa femme aimait encore plus que lui, Sara Laughs, au bord du lac. Léger problème : la maison est vide, mais il n'est pas seul. La nuit, il entend pleurer un enfant, et le matin au réveil, les lettres magnétiques qui devraient rester sages et immobiles sur son frigo ont composé des messages à son intention, comme "Hello" ou "Aide-la". Autre problème : il ignore si ses "hôtes" sont malveillants ou juste dérangeants. Et pour couronner le tout, il manque d'écraser un petite fille, laquelle a une mère charmante, et toutes les deux sont menacées par un "ogre" très réel. Et c'est comme ça que le veuf inconsolable, l'écrivain anihilé, se laisse envahir, émouvoir, terrifier, pour finalement se retrouver obligé de prendre parti, d'entrer dans la bataille. Et une nuit, après un rêve particulièrement terrifiant et énigmatique, il monte dans son bureau…

Et voilà. Avouez que c'est une belle description de l'angoisse de la page blanche... Pour finir, et faire une boucle avec "Shining", je dirai ceci : Jack Torrance, rendu fou par sa fragilité intrinsèque et l'interdiction d'écrire son livre, et par conséquent incapable de se délivrer de l'Overlook, se perdra lui-même. Mike Noonan, des années plus tard, écrit son livre et y puise la force de combattre les ténèbres, qu'elles lui soient extérieures ou intimes : la perte vive de sa femme bien-aimée, cette plaie qui saigne encore. Dans "Shining", les fantômes sont méchants, mal intentionnés. Dans "Sac d'Os", il sont en souffrance, en suspension, et peuvent basculer du mal au bien et du bien au mal en un instant. Mais dans les deux cas, ce qui est sûr, c'est que pour faire du bon travail et surmonter sa peur panique de la page blanche, l'écrivain n'a pas le choix : il doit accepter de se laisser envahir, posséder par les fantômes. Et c'est à ses risques et périls. Car s'il ne parvient pas à s'exorciser lui-même en les enfermant entre les pages de son livre tel le génie de la lampe, ils pourraient bien demeurer dans sa tête, et le rendre fou.

Bonne nuit à tous !

Au fait : pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la vie de Stephen King, rendez-vous sur le site du magazine Lire qui lui avait consacré un dossier l'an dernier !

Posté par BlissNYC à 22:32 - Culture et Dépendance - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2007

Lignac attitude :)

Viiii en ce moment, j'ai un truc avec les amuse-bouches et je trouve que ceux de Cyril Lignac sont tout bonnement formidables ! Tout simples et pourtant...effet boeuf!

mini_croque_monsieurLes minis croque-monsieur :
Sur des mini blinis, un peu de jambon et de fromage râpé. Poêler rapidement dans un peu de beurre. Planter une petite pique et déguster.


toasts_espagnolLes toasts à l'espagnol :
Sur des tranches de pain grillé au four avec un filet d’huile d’olive : frotter une gousse d’ail, une demi-tomate, puis ajouter un peu de jambon cru et hop dégustez ! Astuces : Utiliser des rondelles de baguette ou tout autre pain au choix et toujours un brin d’herbe fraîche (ici thym frais) pour parfaire la déco :)

tartine_feta_tomatesLes tartines feta/tomates :
Piler dans un mortier la feta et les tomates confites coupées en petits morceaux. Y ajouter un peu de crème liquide et bien travailler le mélange. Tartiner et décorer de feuilles de basilic, piquer, le tour est joué !

mini_blinis_fromageLes minis- blinis fromage frais/saumon :
Sur des petits blinis tièdes : un peu de fromage frais, du saumon fumé, un peu de miel, un peu d'huile d'olive et du cerfeuil pour la déco. Astuces: Réchauffer doucement les blinis avant de confectionner vos amuse-bouches. Ni sel, ni poivre, sur vos amuse-bouches mais un filet d'huile !

tartinesdechevreLes tartines de chèvre :
Couper des rondelles de fromage dans une bûche de chèvre et imprégner légèrement d’huile d’olive des rondelles de baguette (ou pain au choix). Y déposer le fromage avec un brin de romarin et un tour de moulin à poivre. Enfourner position gril, le temps de faire fondre le fromage et voilà !

Encore plus d'idées sur le site de l'émission "Chef la Recette" ^^

Posté par BlissNYC à 09:32 - Les petits plats dans les grands - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 avril 2007

Up & Down Ciné du Moment

Pas grand chose au ciné en mai à part quelques comédies romantiques, le dernier Fincher et le retour tant attendu de Jack Sparrow, je vais  donc me rattrapper sur les sorties DVD... en attendant :

UP

Bafana** Goodbye Bafana
Pitch:
La vie de James Gregory, un Sud-Africain blanc, gardien de prison en charge de Nelson Mandela, de l'incarcération de ce dernier dans les années 60 à sa libération en 1990. Pendant 25 ans, Gregory s'est occupé de Mandela jour après jour. Il a été son géôlier, son censeur mais aussi son confident, de Robben Island à Pollsmoor, et enfin jusqu'à Victor Verster d'où il fut libéré en 1990.

Bille August n'a jamais eu la réputation d'être un metteur en scène innovant ou au style très percutant. Et ce n'est pas ses deux palmes d'or qui peuvent y changer grand chose. Mais, adapter les mémoires du geôlier de Mandela, peut donner quand même quelque chose de fort, et là où il a réussi son coup : quelque chose de très touchant. Et cela malgré son académisme et sa réalisation très classique. Le cinéaste parvient en effet, avec pudeur et retenue, a distiller une émotion sans fioritures, sans ce "trop" qui gâcherait tout. C'est une histoire vraie, l'histoire d'un homme, symbole de toutes les luttes pour la liberté et celle d'un pays symbole de toutes les oppressions. Le sujet est fort et on passe aisément sur la pauvreté de la mise en scène pour n'en retenir que le propos. Certes le pathos est là pour tirer les larmes, et quelques scènes chocs sont là pour secouer un peu. Ajouter à cela une interprétation hors paire et le tour est joué. Joseph Fiennes est parfait et le duo qu'il forme avec Diane Kruger est très crédible. Tout comme toutes les scènes avec Dennis Haysbert qui joue Mandela. A voir donc pour le devoir de mémoire sur l'Apartheid et pour des acteurs inspirés.

Mi UP - Mi DOWN

infamousInfamous
L’an dernier j’avais vu "Truman Capote" de Bennett Miller et j’en conserve un excellent souvenir. "Infamous" de Douglas McGrath raconte la même histoire. Curieux ce remake à une année d’écart. Les américains nous gratifient généralement de copies de films étrangers ou plus généralement de séries jusqu’à épuisement du fillon ! Ici il ne s’agit évidemment pas du même procédé. Le hasard voulait que deux réalisateurs s’attellent au même sujet au même moment. Et tant mieux.
On connaît le synopsis: Truman Capote, écrivain célèbre tombe sur un fait divers crapuleux au fin fond du Kansas. Une famille de riche fermier, bien sous tous rapports est sauvagement assassinée. Truman Capote quitte ses salons de piplettes pour aller enquêter sur la psychologie de villageois confrontés à l’horreur d’un tel crime. Pour Capote c’est une plongée dans la profonde Amérique dont il s’est écarté depuis qu’il réside à New York.
Il débarque avec Harper Lee (Sandra Bullock) à Holcomb, trou perdu au milieu d’une plaine déprimante. Comme il fait plus queer que queer il ne rencontre qu’hostilité de la part des autochtones. Néanmoins il parvient à répéter son numéro de pipeolette vacharde ce qui attendrit les petits bourges locaux et du coup il commence son enquête, son reportage. S’ensuit le formidable travail de roman-non fiction qui lui apportera une véritable consécration. Il s’entiche d’un des assassins, Perry Smith (Daniel Graig) et entre eux va se développer une relation ambiguë. Chacun représente une facette de l’autre. A la force brute et brutale de Perry qui rêve d’émancipation intellectuelle et créatrice répond la sensibilité créatrice qui masque la souffrance de Truman. Ces deux là ne pouvaient que se reconnaître, dès le premier regard même si leur relation demeura inaccomplie.

Tout semble en place pour comparer les deux films, Philip Seymour Hoffman paraît un tantinet supérieur à Toby Jones qui joue un peu trop sur l’aspect "grande folle" de l'écrivain surtout au début du film. Le film de Miller dissèque plus profondément les ressorts psychologiques de Truman Capote tout en restant plus à distance et qui apparaît sous des aspects peu sympathiques. Dans "Infamous" ou si vous préférez Scandaleusement Célèbre" on ressent plus la proximité affective et chaleureuse entre les deux protagonistes. La description et le déroulement du crime sont étoffés, alors que dans "Truman Capote" ils ne sont qu’évoqués ce qui conduit Capote à réclamer une confession à Perry. Au fond je garde une préférence pour le "Truman Capote" car il propose une réflexion plus intense sur le processus de création littéraire, de sa force à nous emporter au delà du raisonnable. Truman Capote ne s’en relèvera pas.

DOWN

dangereuse_seductionDangereuse Séduction
Pitch:
Rowena est une journaliste d'investigation. Lorsqu'elle découvre que Harrison Hill, le très puissant publicitaire, est peut-être lié au meurtre de son amie, elle décide de mener son enquête. Pour se faire et l'approcher, elle va endosser deux identités, celle de Katherine, une intérimaire employée de sa société et Veronica, une jeune femme avec laquelle Hill flirte sur internet.

Attention: navet de l'année, à fuir de toute urgence ! Après un "Confidence" très plaisant où James Foley s'amusait à manipuler le spectateur, le voici de retour avec "Dangereuse séduction" qui signe son incursion dans le thriller sexy (enfin, façon de parler, on est quand même plus proche de "7 à la maison" que de "Basic Instinct"!!) et il faut dire qu'il n'est pas gâté le pauvre, entre un scénario d'une confondante platitude (qu'est-ce qu'on s'ennuie !), des rebondissements mous (le coup du "j'me fait surprendre dans le bureau en train de fouiller partout" provoquera sûrement de nombreux fous rires), des comédiens qui n'ont rien à faire là (Bruce, t'aurait pu lire le scénario avant de signer, tu te serais peut être rendu compte que t'avais rien à jouer) et Halle Berry, qui se contente d'être belle... Fiez vous au titre français, prétentieux et racoleur, le film est à cette image.


A VOIR PROCHAINEMENT :

anna_Mjveux_paslovezodiacPirates3

Posté par BlissNYC à 08:35 - Le cinéma dans tous ses états - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2007

Dure dure la rentrée...

L'image parle pour elle-même, je crois...

monday

Posté par BlissNYC à 08:28 - My (bitter) sweet life - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 avril 2007

Round One

Demain, premier round d'un match passionnant s'il en est et qui se terminera dans deux semaines... D'ailleurs, j'ai fait un tour des affiches de mon quartier pour illustrer un peu mon propos et je dois dire que je me suis bien fendu la poire, les candidats n'ont pas été épargnés par les tags - cliquez sur les photos, pour bien tout voir surtout :


IMG_0001 IMG_0002 IMG_0003

 

IMG_0005 IMG_0004

Je sais c'est maaaal mais quand je lis "Vilaine gauchiste" sur l'affiche de Voynet, le "vilaine" me faire rire... La palme revient au "commentaire" sur celle de Nihous (j'ai explosé de rire en le voyant, oui, il m'en faut peu !) tout de même !

Pour dédramatiser tout ça encore un peu plus, je vous propose un petit bijou sur ce site, un mélange hallucinant à la South Park, une petite récréation musicale : "pimp my candidate". Il s’agit de clips parodiques des candidats, interprétant chacun un tube revu et corrigé dans une ambiance. Les paroles pastichées défilent, comme si vos assistiez à un strip-karaoké. J'adore..."Je suis un réac, comme ils diiiiiseeeent" ok, c'est con, mais j'adore !

Cadeau Bonux: vous avez une version sympa pour les élections américaines dans un peu plus d'un an qui me fait mourir de rire, ici !

Bon, trève de bêtises, demain allez voter hein !

Posté par BlissNYC à 07:27 - Actu - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 avril 2007

L'univers de Jules Pascin

PascinPour agrémenter culturellement la fin de mes vacances, je suis allée voir l'expo sur Jules Pascin au musée Maillol. Je ne connaissais pas du tout l'oeuvre de cet artiste, mais c'est normal (non, c'est pas parce que je suis inculte, bande de médisants non mais !), c'est parce qu'en général on connait mal l'oeuvre de Jules Pascin (1885-1930), de son vrai nom Julius Pincas, artiste d'origine bulgare qui arriva à Paris en 1905 et créa dès lors des oeuvres expressionnistes, sensuelles et animées. L'expo proposée par le musée Maillol s'ouvre sur l'une de ses oeuvres phares, "La toilette" (que je vous ai mis juste là), une femme dévêtue, de dos, dans sa chambre, qui n'est pas sans rappeler les nus de Toulouse-Lautrec, Bonnard ou Matisse...

La Femme est triomphante dans l'oeuvre de Pascin, qui la célèbre dans tous les états imaginables, toutes les postures possibles, à tous les âges de la vie: langoureuse et voluptueuse, gracieuse et ingénue, offrant sa chair au regard, campée dans sa vérité quotidienne, entourée d'accessoires... Hermine, celle qu'il épousa, Lucy sa maîtresse, la ravissante petite Jeannine, une jeune fille au turban, une Martiniquaise, une Jeune liseuse en bleu, des dormeuses, une Vénus de dos, mais également Mireille, Germaine, Marthe, Eliane, Mija, Fifi... sont autant de modèles qui peuplent l'oeuvre du peintre. Un pinceau animé, des couleurs énergiques, des "cadrages" volontiers originaux, des audaces picturales, et le style fluide et tout en transparence qu'il adopta dans les années 1920 (et que l'on appelle sa "période nacrée") confèrent une modernité fascinante à ces toiles.pascinsieste01

Le mérite de l'expo est de montrer l'oeuvre de Pascin dans sa diversité, et notamment de dévoiler une magnifique série de dessins. Le peintre collabora à des revues satiriques, et livra des visions caustiques et grinçantes de la société de 1900, sous un trait incisif. Mais ce qu'on retient surtout de Pascin comme dessinateur, ce sont les scènes érotiques, souvent malicieuses et même sulfureuses, qui font penser aux dessins de Schiele. A voir aussi: les vues, souvent aquarellées, de Harlem, de Tunisie ou de La Havane...

Pascin s'est nourri, tout au long de sa vie, d'une multitude d'influences, qu'il a sublimées. Il fut à la fois proche de l'Ecole de Paris, de la mouvance expressionniste d'Europe centrale, des avant-gardes parisiennes, du fauvisme de Matisse, mais n'appartint jamais à un mouvement précis. L'épitaphe, que lui dédia son ami André Salmon, définit Pascin avec justesse: "Homme libre, héros du songe et du désir" (c'est beau hein ?!). A voir donc  !

Jusqu'au 4 juin au Musée Maillol
61 rue de Grenelle (7è) - M° Rue du Bac (ligne 12)
Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 11 heures à 18 heures.

Posté par BlissNYC à 09:25 - Culture et Dépendance - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 avril 2007

Débats 1974-1981

D_bats_1974_1981Le dimanche et le lundi au Théâtre de la Madeleine, Jacques Weber et Jean-François Balmer interprètent les textes des débats télévisés de 1974, puis de 1981 qui ont eu lieu avant les élections présidentielles. Mes amis, quelle soirée fabuleuse ! J'ai littéralement savouré ces débats, surtout en pensant à notre société d'aujourd'hui...Ils sont étonnants et justes les deux comédiens : Jacques Weber et sa crinière blanche incarne VGE et Jean-François Balmer, François Mitterrand. Chacun joue avec sa paire de lunettes, et l'on retrouve les attitudes et postures de nos candidats. Et on s'y croirait devant notre télé en train de les regarder s'affronter ! On dit que les gens se détournent de la politique, mais si j'en crois la salle pleine à craquer, la ferveur, l'attention, et la participation du public, je finis par penser le contraire. Et à peu près toutes les classes d'âge étaient représentées, et si j'en juge par certaines réactions favorables ou hostiles, les idées aussi.

Lorsque Weber/VGE a pris la parole un grand silence s'est installé. Car il en impose ce VGE, il se sait jeune et compétent, il était ministre des Finances... On sent qu'il ne doute pas de l'issue de l'élection de 74. Il agite le chiffon rouge du Parti communiste allié de Mitterand... En face de lui, Balmer/Mitterrand est plus agité, moins sûr de lui, mais on sent le roublard, le politicien qui lorsqu'il ne sait pas répondre, polémique...

En première partie le débat de 1974, arbitré et chronométré comme il le fut à l'époque. Les répliques historiques :
VGE: "Vous êtes un homme lié au passé par toutes vos fibres, et lorsqu’on parle de l’avenir, on ne peut pas vous intéresser" et le TRES célèbre "Vous n’avez pas, monsieur Mit­terrand, le monopole du cœur, vous ne l’avez pas...".

Après une courte pause, nous nous installons pour suivre le Débat de 1981 : Mitterrand a progressé, est plus offensif, il attaque VGE sur son bilan, et se venge de 1974 : "Vous avez tendance un peu à reprendre le refrain d’il y a sept ans : L’homme du passé… C’est quand même ennuyeux que dans l’intervalle vous soyez devenu, vous, l’homme du passif…". VGE est toujours aussi pompeux, doctoral, manifestement il ne sait pas du tout qu'il court à l'échec. J'apprends également avec stupeur qu'en 1974, le score du FN était de 0,34 % ! Misère, misère et tristesse. Bref, encore une soirée où je n'ai pas vu le temps passer. Ce spectacle, c'est une idée de Jacques Weber, franchement félicitations Monsieur Weber !

Cette représentation est une formidable mise en abyme: 1974 est sans doute la date-charnière à laquelle la politique, en raison de l’influence grandissante des médias, et de la télévision plus particulièrement, est devenu un spectacle. Spectacle, non dans le sens plutôt péjoratif que nous lui donnons souvent aujourd’hui ; mais c’est ce qui, désormais, se donne à voir, et les années suivantes montreront l’importance toujours plus grande de l’image –physique, et plus simplement morale ou politique – de nos hommes politiques… Il est tout de même frappant que ce soit un mot du vocabulaire théâtral – la scène – qui soit désormais couramment employé pour désigner l’espace politique.

Un spectacle intéressant, à aller voir, car il nous renvoie comme en écho, nos préoccupations et nos façons d’agir.

Posté par BlissNYC à 11:41 - Au théâtre ce soir - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 avril 2007

En passant

J'ai redécouvert cette sublime chanson, "Hurt", reprise de NIN par Johnny Cash qui m'émeut beaucoup beaucoup beaucoup (c'est à la BO de "The staight story", un très beau film de Lynch, pour les connaisseurs...) et je voulais vous la faire partager.

Sinon, comme c'est un peu un post fourre-tout où je dis ce que je veux, pour ceux qui cherchent de bons films à voir, j'ai vu "Collision" hier: très bon film américain sur le racisme et cette vérité : tout américain se définit par ses origines, la couleur de sa peau et tout le monde EST raciste, même les "non racistes" le sont, du coup. De plus, nul n'est bon ou mauvais, on est bien loin de tout manichéisme ici ; enfin, la vie réserve des surprises, des "fatalités" et des "miracles"...

C'était la note inutile du jour ^^

Posté par BlissNYC à 12:19 - Blablabla - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 avril 2007

En vrac...

caf_- Déjà un peu plus d'une semaine de vacances dans le nez... SUPER o_O Mais bon, j'ai bien avancé sur mes différents dossiers pour la fac: j'ai quasiment terminé mon dossier sur la lutte contre la faim dans le Monde (et je me suis encore beaucoup énervée dans mon coin), j'avance sur mon analyse sociologique du militantisme (ahhh oui, faudra que je vous raconte comment j'ai pris sur moi comme jamais quand j'ai interviewé un militant du Front National il y a quelques semaines !), je m'extasie sur Nathaniel Hawthorne en Littérature Américaine et je me bats également avec les textes de Bruno Latour ^^ Tout un programme!

- Après avoir été séduite par le film, j'ai eu envie de relire "Ensemble c'est tout", la semaine dernière alors que mon étagère de livres est pleine de nouveautés pfff ^^ (c'est pas grave, au moins, j'ai appris le mot "pusillanime")

- Faut que j'aille rentabiliser ma carte Louvre-Jeunes avant expiration: il y a l'expo sur l'art chrétien Arménien qui me tente beaucoup et surtout celle sur Praxitèle (ça va me donner envie de retourner en Grèce, donc c'est p'tet pas une bonne idée :)

- Envie de me faire une cure de "vieux" films à Vidéosphère, du genre "Pierrot le fou", "Bullitt", "La piscine", "Les désaxés"... En attendant, je vais exploiter les ressources des chaînes cinéma, après l'intégrale de Rocky et le cycle Bergman, je vais souler le Lutin avec les films de Truffaut (c'est pour ta culture Lutin, tu me remercieras plus tard :p)...

-Ohlala j'ai fait les magasins il y a quelques jours à la Défense, je n'y avais pas mis les pieds depuis des semaines pour cause de boulot intensif pour la fac, j'suis une fille sérieuse, z'avez vu et bien, j'ai craqué sur plein de belles choses... N'empêche qu'avec tout ça, ya de quoi être remotivée pour des mois de WW hein !

-WW mais aussi... du sport ! Je suis allée à un cours de RPM hier matin et ça m'a tueR (comprenne cette blague de merde qui voudra) les cuisses... je pourrais faire une rubrique spéciale sur mes déboirs sportifs je crois !

-Je me suis encore fait plaisir chez Séquoia aussi, je ne suis définitivement pas quelqu'un de raisonnable...

-Envie d'aller au Reading Festival fin août, à Leeds car la prog tue tout simplement (pour les curieux, c'est par ) mais trop loin, trop cher, trop tout... c'est trop inzusssste o_O

Posté par BlissNYC à 09:12 - My (bitter) sweet life - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »