Bliss In The City

Le Blog-Notes d'une Etudiante à Paris

19 mai 2007

Carte Blanche à Luchini

luchini Après un voyage au long cours avec Céline, qui emmenait son public sinon "au bout de la nuit", au moins au terme d'une excellente soirée (j'ai l'impression de l'avoir vu il y de cela des lustres o_O), Fabrice Luchini reprend ses lectures pour une "Carte blanche" originale. Ouvrages de Paul Valéry et Roland Barthes en main, porté par sa folle énergie, il ose cette fois des choix plus audacieux. L'artiste ouvre le spectacle avec un extrait de "Tel quel", "Le pont de Londres" de Valéry et des citations qu'il reprendra plusieurs fois au cours de la soirée : "La plupart des hommes ont une idée si vague de la poésie que ce vague même leur tient lieu de définition de la poésie." ou encore "Il n'existe pas d'être capable d'aimer un être tel qu'il est. On demande des modifications". Hum... oui !

Puis il poursuit avec un décodage des premières pages des "Fragments d'un discours amoureux" de Roland Barthes. Le ton est celui du professeur idéal, passionné ; la salle est suspendue à ses lèvres, la brèche est ouverte, le comédien lâche ses livres pour se lancer dans son propre texte. Point de départ : un article dans "Le Nouvel Obs", dans lequel le célèbre essayiste louait le film d'Eric Rohmer "Perceval le Gallois". Le comédien, qui jouait dans le film, se lance dans une évocation de Perceval: le public est d'abord tout aussi perplexe que l'était la salle lors de la première du film.

Mais très vite Luchini-le pitre sort de sa boîte, se met à mimer et à chanter, pour la plus grande joie des spectateurs, rendus carrément hilares. Il enchaîne avec le récit de sa mémorable rencontre avec Barthes. Façon plus nuancée qu'il n'y paraît de souligner son portrait : à l'immense déférence se mêle une tendre moquerie. Pour finir, nous avons eu du Flaubert, une fable de La Fontaine, un petit Molière et surtout, une fin de spectacle absolument géniale, survoltée, où il déploit une extraordinaire énergie ^^ Mais, il paraît qu'on a eu de la chance, qu'il ne fait pas une demie heure de rab' tous les soirs, et qu'il ne faut surtout pas le répéter... trop tard!

Posté par BlissNYC à 08:46 - Au théâtre ce soir - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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