28 mars 2008
Marie-Antoinette au Grand Palais !
C'est à un véritable spectacle que nous invite le Grand Palais. Aux portes de l'édifice les fans se bousculent. Pourquoi sont-ils venus ? Pour applaudir une rock star ? Mais quel people peut bien exciter les foules à ce point ? C'est Marie-Antoinette, pardi ! L'icône glamour, la vedette, le mythe incarné. Difficile en effet de trouver plus fashion que la célèbre reine. Dans son film (que j'avais plutôt apprécié), Sofia Coppola l'avait rendue culte, mais bien d'autres artistes s'y étaient employés avant elle, à commencer par la portraitiste de la souveraine, Elisabeth Vigée Le Brun dont de nombreuses toiles, majestueuses et pleines de grâce, figurent dans l'expo.
L'expo ? Spectaculaire, très "son et lumière", légèrement too much. Une sorte de pièce en trois actes, qui commence comme un divertissement et se termine façon tragédie. C'est au metteur en scène Robert Carsen que l'on doit la fabuleuse scénographie. Plus de 300 oeuvres sont réunies dans un parcours qui s'attache à retracer la vie et la personnalité de la reine.
Trois phases de sa vie, trois types de décor, une vie en forme de pièce de théâtre en trois actes.
Premier acte: un style très "boudoir-bonbonnière" avec du rose bonbon et du bleu lavande aux murs, un dédale de pièces symbolisant un appartement royal. L'enfance viennoise de Marie-Antoinette au Palais de Schönbrunn y est évoquée, jusqu'à son mariage à Versailles avec le futur Louis XVI en 1770. Elle a à peine quinze ans. Des portraits de cour, des meubles royaux, des dessins et des plans, des documents et des sculptures retracent les premières années de la dauphine, qui, déjà, séduit par son indépendance d'esprit, sa coquetterie, son goût pour les arts et la fête, sa liberté.
Deuxième acte: une enfilade de pièces et de panneaux ornés de décors champêtres, où la musique est forte et joyeuse, les oiseaux gazouillent et les couleurs pastels passent du bleu au rose. L'expo nous invite à plonger dans le cadre bucoliques des jardins du Petit Trianon, le domaine que Louis XVI avait offert à la jeune reine. C'est là que cette dernière organisa les fêtes, les bals et les ballets les plus somptueux. Elle y installa des intérieurs raffinés et fastueux, remplis d'œuvres rares. Elle y fit de la musique et y joua la comédie. Cette partie de l'expo, légère et piquante, fait revivre les riches heures de la fête royale.
Troisième acte: l'épilogue. On découvre les derniers objets familiers de Marie-Antoinette, des lettres, des caricatures la conspuant, les derniers portraits que l'on fit d'elle, les traces de ses derniers jours. Les salles de l'expo sont plongées dans la pénombre, le long d'un grand couloir, symbolisant le déclin de la monarchie, aboutissant sur un dessin montrant Marie-Antoinette allant à l’échafaud... cette pièce est immense mais pesante. Les spectateurs chuchotent. Tragique !

Cette expo brille surtout par sa
scénographie, sa mise en espace théâtrale étonnante, presque impeccable.
Chronologiquement, le visiteur découvre des petits bouts de vie, des
petites bribes censées permettre d'éclairer la personnalité de la
reine. Mais c'est là que le bas blesse. L'exposition n'apprend rien que
l'on ne sache déjà. Elle se contente de juxtaposer des documents -
comme des pièces à conviction - sans jamais dévoiler quoi que ce soit.
Une exposition sans grande valeur artistique donc, sans grand intérêt
historique non plus et dont la scénographie originale, met finalement en lumière ses principaux défauts: des salles trop petites, des enclaves ne
facilitant pas la visibilité des œuvres, des cartels placés trop bas et
écrits trop petits, des salles artificiellement plongées dans
l'obscurité. Sans compter la foule, comme toujours au Grand Palais. J'y suis allée en plein milieu de
la semaine et j'ai attendu 1h dehors... Armez-vous de patience !
Pour finir le marketing "Marie-Antoinette" n'est pas en reste avec tout un tas d'objets à son effigie (jusqu'au mouton en peluche Marie-Antoinette, oui, oui), sans oublier le stand Ladurée qui nous fait dangereusement de l'oeil juste avant la sortie...
C'est où ?
Grand Palais, entrée square Jean Perrin (8è) - M° Champs-Elysées Clémenceau
Ouvert tous les jours (sauf mardi) de 10h à 22h, jusqu'au 30 juin 2008.
Entrée: 10€. TR: 8€.
Vous pouvez télécharger le commentaire de l'exposition sur le
site du Grand Palais moyennant 3 euros. Et, je me suis aussi rendue
compte que le téléchargement des explications des expositions passées
était gratuit , ce qui est plutôt appréciable !

