Bliss In The City

Le Blog-Notes d'une Etudiante à Paris

22 mai 2009

La Framboise Frivole: "Furioso"

framboise_frivoleIl y a quelques semaines, j'ai eu le plaisir de découvrir un spectacle d'un genre totalement inédit qui ravira les mélomanes les plus acharnés !

Dans "Furioso", Peter Hens, accompagné de son violoncelle et des doigts agiles du pianiste Yves Gourmeur saute allègrement d'une musique à une autre: en l’espace d'une demi-seconde, il change de style, d’époque et de voix. Le mélange des genres musicaux est magistral et impeccable, c’est réellement bluffant. On passe son temps à chercher les airs qu'on pense reconnaître mais qui se sont faufilés dans un coin de notre tête ou à fredonner ceux qu'on connaît par coeur à force de les reprendre trop souvent.

A côté de ça, pendant les "pauses", Peter Hens raconte comment il a failli devenir chef... cuisinier ! C'est sur ce thème que se construir le spectacle. A titre d'exemples, au début du spectacle, il commence par entonner un lieder de Schubert (Leader Maximo) dont le texte, très loin de Goethe, semble copié... sur la carte d’une pizzeria ! Quelques facéties plus tard, son Alléluia de Haendel est soudain détourné par Freddy Mercury ! Impressionnant !

Seul petit bémol, j'ai trouvé : l'excès de calembours dont visiblement Peter Hens raffole est un chouïa indigeste pour le spectateur. Si l'on excepte ce petit travers, la balade gastronomico-musicale de la Framboise Frivole vaut vraiment le voyage ! Le final est un must : au moment de se séparer, le public, debout, est appelé à reprendre le final de Traviatata (non, y'a pas de "ta" en trop !) de Verdi avec des sonorités loufoques de basses wagnériennes sur la digestion… Un régal !

C'est où ?
Théâtre des Bouffes Parisiens
4, rue Monsigny (2è) – M° Quatre-Septembre
Du mardi au samedi à 21 h et matinée le samedi à 16 h 15
01 42 96 92 42

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02 mai 2009

Ce soir sur France 2, "l'Eloignement" en direct du Théâtre Edouard VII

eloignementVoici un billet préparé à l'avance, qui devait être en ligne depuis déjà quelques heures mais Canalblog aura eu raison de moi pour la journée, je crois...

Bref, tout ça pour dire que ce soir, sera diffusé en direct sur France 2, "L'éloignement" une pièce de Loleh Bellon mise en scène par Bernard Murat avec au casting Carole Bouquet et Pierre Arditi. Spectacle apparemment conçu spécialement pour passer sur le petit écran, je suis curieuse de voir ce que ça donne.

Petit pitch: À chaque nouvelle pièce, le héros, auteur dramatique, est saisi d'angoisse : assassiné ou encensé ? Dans l'attente du verdict, il fait passer ceux qui l'entourent par toutes les couleurs de ses émotions. La peur de l'échec fait de lui un colérique cocasse ; un personnage de comédie insupportable, odieux, touchant. Il suffira de dix lignes d'éloges dans la presse pour le transformer en sucre d'orge. Mais l'irruption de la "vraie" vie dans la vie "parallèle" du théâtre va de nouveau brouiller les pistes.

Je trouve ça bien que France 2 nous fasse partager des pièces de théâtre depuis quelques mois, ça me donne l'occasion de revoir des pièces que j'ai déjà vues (car j'adore le théâtre et j'y vais assez souvent, comme vous avez pu le constater) mais aussi des pièces qu'on n'aurait pas eu l'occasion de voir autrement (la pièce n'était jouée que ce week-end pour 4 représentations exceptionnelles). D'ailleurs, j'ai lu quelque part que très bientôt serait diffusée une pièce que je n'ai pas pris le temps d'aller voir au théâtre Marigny: "Très chère Mathilde", d'Israël Horovitz avec Line Renaud. J'ai hâte de voir ça !

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13 avril 2009

Un point c'est tout !

palais_royalA chaque saison, c'est systématique, je fonce voir la nouvelle pièce de Laurent Baffie. J'avais beaucoup aimé "Sexe, magouilles et culture générale" et "Toc Toc" (dont je vous avais parlé ici). Pourquoi ? Pour l'esprit caustique et effronté, à la limite du politiquement correct (j'adore !), mais toujours hilarant ! Je ne pouvais donc qu'aller voir "Un point c'est tout !" qui se joue en ce moment sur le scène du Théâtre du Palais Royal.

Le pitch: L'histoire se situe dans un centre agréé qui propose des stages de deux jours afin de permettre de récupérer ses points de permis perdus. Ces 2 jours sont l'occasion d'un bilan pour les automobilistes pénitents en leur permettant de visualiser leur erreur mais aussi d’apprendre la conduite à adopter. Pour Baffie, ce stage permet surtout de réunir un grand nombre de personnages venant de tous horizons et tous plus clichés les uns des autres. Ainsi ce stage est animé par un ancien moniteur d’auto-école (Patrick Prejean) secondé par un comique en herbe (Alain Bouzigues, dont le visage nous est familier depuis "Caméra Café"). Les 2 compères vont animer les débats auxquels participeront une vieille mamie prise en flagrant délit d’excès de lenteur (Mado Maurin, excellente comme toujours, je l'avais adoré dans "Sexe, magouilles et culture générale" !), un taxi motard, une bourgeoise férue de citations littéraires, un routier un peu porté sur la boisson et syndicaliste, un travelo verbalisé pour non port de la ceinture (à l'arrêt dans sa voiture en plein bois de Boulogne), un nain marchand de vin, un jeune qui conduisait depuis 3 heures et … une star du rap ! Cette joyeuse brochette va en faire voir de toutes les couleurs aux 2 animateurs et ce, pour notre plus grand plaisir, évidemment.

De ce stage atypique, on retiendra la prestation de Mado Maurin très drôle et attendrissante, d'Alain Bouzigues aussi drôle et décalé qu'à la télé, de Stella Rocha plutôt surprenante en travelo brésilien et Achille Ndari en star du rap plus vraie que nature ! En tout cas, qu'ils soient tous plus ou moins connus, ils y mettent du coeur et on sent un plaisir sincère de jouer ensemble. Ceci dit, j'ai trouvé le caustique de Baffie moins présent que dans les pièces précédentes. Son écriture m'a parue légèrement plus consensuelle qu'à l'habitude, la pièce manque légèrement de dérision et de piquant, bref de la marque de fabrique de Baffie, champion de la réplique cinglante. Malgré mes quelques chipotages, je vous conseille quand même cette pièce, on y passe un très bon moment. Et pour les moins de 26 ans, n'hésitez pas, il y a de nombreuses places disponibles tous les soirs, ça vaut bien 10€ !

C'est où ?
Théâtre du Palais Royal
38, rue de Montpensier (1er) - M° Palais Royal-Musée du Louvre
Jusqu'au 25 avril 2009.

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23 mars 2009

Bonté divine !

bont__divineLa semaine dernière, j'ai eu le plaisir de voir sur la scène du théâtre de la Gaîté Montparnasse une pièce assez surprenante: Bonté divine ! J'y allais sans grande conviction, j'avais juste été attirée par l'affiche et le nom de Frédéric Lenoir, le rédac' chef érudit du "Monde des Religions" que j'écoute souvent chez Yves Calvi sur France 5 ou que j'aime découvrir à travers ses ouvrages passionants sur les religions.

Le pitch: Un vendredi soir, à la suite d'une rencontre inter religieuse, un prêtre, un rabbin, un imam et un moine bouddhiste se retrouvent mystérieusement enfermés dans une petite pièce sans communication possible avec l'extérieur. Les auteurs ont choisi la forme humoristique et vivante de la comédie pour traiter un sujet "grave": la foi et le doute. Une pièce qui permet aussi d'aborder nombre de questions que chacun se pose sur Dieu et les religions, à commencer par la plus actuelle: pourquoi autant de discordes entre les croyants des trois grandes traditions monothéistes puisqu'ils croient au même Dieu ?

Autant le dire d'emblée: cette pièce est une très bonne surprise. C'est drôle, décalé et on y trouve une vraie ouverture à l'autre et à ses différences. Une réussite qui régalera les athées et les croyants (enfin ceux qui ont un peu de distance avec leur foi, évidemment !). Si l'on peut regretter que Roland Giraud campe un prêtre qui – mis à part le célibat et le col romain – a une théologie et un rapport au monde bien peu catholiques, et donc bien peu vraisemblables (surtout ces temps-ci), il faut saluer l'épaisseur qu'il donne à son personnage, par un jeu d’une grande vérité, tout en émotion. Plus que tout autre, ce clerc ébranlé par le scandale incompréhensible du mal (le suicide de son père et la mort d’une fillette) est d’une grande authenticité, renforcée par le drame personnel du comédien qui l'incarne sur scène. Les autres comédiens sont également remarquables (petite préférence pour Jean-Loup Horwitz qui joue le rôle du rabbin avec un second dégré ravageur, j'ai adoré).

Plus qu'un enième débat interreligieux ou une présentation du malaise existentiel d'un certain clergé, cette pièce offre une réflexion sur la foi: foi anéantie, foi qui émeut comme quelques notes de Mozart, foi qui ne se satisfait pas des discours religieux trop lisses et dont les raisons ne sont pas raisonnables. Une pièce intelligente qui fait à la fois rire et réflechir. A voir !

C'est où ?
Théâtre de la Gaîté Montparnasse
26, rue de la Gaîté (14è) - M° Gaîté
Du mardi au samedi à 20h et le dimanche à 15h.
Pour les moins de 26 ans, c'est 10€ (venir 15 minutes avant le début du spectacle).

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09 mars 2009

Faisons un rêve

faisons_un_reveDes mois que je voulais voir cette pièce qui se joue à guichets fermés et c'est enfin chose faite ! Ouf !

Tout le monde en parle depuis des lustres, le Théâtre Edouard VII joue actuellement LA pièce qu’il fallait voir cet hiver (elle a même fait la une des pages culture du Figaro, c’est dire !) : "Faisons un rêve". Pensez donc: une pièce de Guitry (ça commence déjà bien) réunissant sur scène Pierre Arditi, Clotilde Courau et Martin Lamotte… ça ne peut que faire rêver les parisiens amateurs de théâtre ! Si l'on rajoute à ça que la pièce est jouée dans l'une des plus belles salles parisiennes, tout est réuni pour passer une bonne soirée !

Le pitch: une charmante jeune femme a rendez-vous chez un riche avocat avec son mari, un méridional naïf et bon vivant. Leur hôte tardant à paraître, ce dernier finit par perdre patience et s'éclipse, prétextant une entrevue avec un homme d'affaires pour rejoindre sa maîtresse. L'avocat, agréablement surpris du succès de son plan, sort de la pièce voisine où il se cachait, guettant l'occasion de déclarer sa flamme à la jeune femme. Ils décident de se retrouver le soir même...

Autant vous dire que cette pièce est énormissime. Une vraie réussite, on comprend son succès ! Le sujet classique mais intemporel (avec la patte Guitry, ça n'a rien à voir !), le texte exquis, les acteurs fabuleux, le décor Art-Déco... tout est génial ! De plus, la mise en scène de Bernard Murat et le jeu des acteurs rendent la pièce très moderne. Tous les comédiens sont bons mais aucun n'arrive à la cheville de Pierre Arditi, très impressionnant dans le rôle joué autrefois par Guitry lui-même. Les mots de Sacha Guitry dans la bouche de Pierre Arditi sont un pur moment de jouissance et l'on sent que le comédien excelle et jubile de prolonger ce moment en s'amusant avec le texte. Une posture, une mimique, un silence et tout est dit !

Ce serait bête de gacher votre plaisir, ne boudez pas cette pièce !

C'est où ?
Théâtre Edouard VII
10, place Edouard VII (9è) - M° Madeleine/Opéra/Havre-Caumartin
Du mardi au samedi à 21h. Le samedi à 17h30 et le dimanche à 15h30.

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02 mars 2009

Baby Doll

babydollUne pièce au caractère sulfureux, un texte de Tenesse Williams, et enfin la possibilité de me faire une opinion sur Mélanie Thierry: c'était assez pour me convaincre de filer au théâtre de l'Atelier pour voir "Baby Doll". Et bien m'en prit !

Je ne comprends pas les nombreuses critiques plus que dubitatives que j'ai lues un peu partout sur ce spectacle ! La pièce est extrêmement bien jouée et mise en scène. Les décors sont superbes, honnêtement ça vaut le coup d'oeil. Le texte est une merveille, et tellement actuel... c'est incroyable. Ca m'a rappelé à quel point j'aime le répertoire de Tennesse Williams que j'ai étudié en long, en large et en travers en Terminale ! Ici on retrouve tous les thèmes chers au dramaturge américain: solitude, sauvagerie, sexualité refoulée, racisme ordinaire...
Et puis, encore une fois, je dois avouer que ma mesquinerie ne m'a pas donné raison et j'ai du revoir mes à priori plus que négatifs sur Mélanie Thierry que je trouve assez fadasse au ciné: ici, elle est parfaite dans son rôle et mérite toutes les excellentes critiques que j'ai pu lire à son sujet. Ses partenaires sont également parfaitement à la hauteur, que ce soit Xavier Gallais, Chick Ortega (énorme dans le rôle d'Archie Lee) ou même Monique Chaumette.

"Baby Doll" est pour la première fois présentée à Paris, et je ne saurais que trop la conseiller à ceux qui aiment Tenesse Williams, ou tout simplement le théâtre. La salle (le théâtre de l'atelier, un de mes théâtres parisiens favoris) est très charmante, et de taille assez réduite, ce qui rend possible un bien meilleur contact avec le texte que ne le permettent les grandes salles. La pièce vaut vraiment le déplacement, allez-y !

C'est où ?
Théâtre de l'Atelier
Place Charles Dullin (18è) - M° Anvers
A 21h du mardi au samedi, à 17h30 le samedi et 16h le dimanche.
Jusqu'à fin juin 2009.

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20 février 2009

L'Anniversaire à la Comédie des Champs Elysées

l_anniversaireÇa vous dit de passer la soirée à vous endormir au théâtre ?
Si oui, "l'Anniversaire", pièce de Harold Pinter, mise en scène en ce moment à la Comédie des Champs Elysées, est faite pour vous ! Mieux vaut ne pas être fatigué par sa journée de travail quand on se présente à la Comédie des Champs-Elysées pour être certain d'être en pleine possession de toutes ses facultés ! Ceci dit, je vous mets en garde: si vous affichez malgré tout un état de fraîcheur insolent, vous risquez quand même d'être gagné par la somnolence ! J'ai l'air un peu dure là, je m'en rends bien compte... Il s'agit tout de même d'une pièce du grand Harold Pinter ! Mais autant j'avais apprécié "Le Gardien", autant ici, j'ai eu un mal fou à ressentir un quelconque intérêt à essayer de démêler l'écheveau de cette intrique absconse.

Je tiens quand même à préciser que les comédiens sont absolument irréprochables. Chacun, dans son personnage, se montre vraiment excellent.
Le souci, c'est que si on prend un réel plaisir à leur virtuosité, à la qualité de leur jeu, la pièce échappe vite à nos esprits par trop cartésiens.

Au début, je me suis brièvement amusée à ce dialogue à deux niveaux entre un taiseux diplomatiquement conciliant (Jacques Boudet/Peter) et sa volubile et envahissante épouse (Andréa Ferréol/Meg), mais l'abus de comique de répétition et trop de mots qui font vite tourner l'action en rond font que l'on tombe inexorablement dans l'ennui... L'arrivée de Lorant Deutsch (Stanley) apporte quelque temps un brin de rythme et de nervosité avec une belle joute entre Andréa Ferréol et lui, mais malheureusement on retombe rapidement dans le verbiage et l'incompréhension. A tout moment, on essaie de deviner la trame de l'histoire. Où Pinter veut-il en venir ? Dans quel étrange intrigue veut-il nous emmener ? On n'arrête pas de se poser des questions. Qui est réellement Stanley ? Pourquoi se cache-t-il dans cette pension de famille dont il est l'unique client ? Pourquoi comprend-il que c'en est fini de sa tranquillité quand il apprend que deux hommes sont à sa recherche ? Qui sont ces deux hommes ? Que lui reprochent-ils ? Pourquoi veulent-ils l'emmener ?...
Et bien, quand le rideau tombe on n'a aucune réponse à ces questions ! On reste là, tous coi, frustrés, livrés à nous-mêmes, avec nos supputations. Après tout, on peut imaginer ce qu'on veut. Mais cet anniversaire-là, c'est vraiment pas du gâteau !

On peut donc à la rigueur aller voir cette pièce mais uniquement pour profiter du jeu de cette épatante brochette de comédiens. Sinon, son texte et ses dialogues comportent quelques jolies fulgurances; le décor a lui aussi son charme avec trois immenses miroirs déformants, façon musée Grévin, qui renvoient des images fugitivement fantasmagoriques. Mais, malheureusement ça ne suffit pas à nous maintenir éveillés !

C'est où ?
L'anniversaire
Comédie des Champs-Elysées
15, avenue Montaigne (8è) - M° Alma-Marceau
01 53 23 99 19

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31 janvier 2009

Le malade imaginaire par Michel Bouquet

bouquetIl y a quelques jours, j'ai eu le plaisir de voir Michel Bouquet dans une nouvelle version du Malade Imaginaire, au Théâtre de la Porte St Martin. Est-ce une vraie comédie ? N'est-on pas à la frontière de la tragédie ? N'y a-t-il point de danger à contrefaire le mort ? Voilà toute l'ambiguïté de cette pièce et de l'interprétation qu'en propose Michel Bouquet en nous donnant à regarder Molière fleurtant avec l'angoisse de la mort au point de prendre lui-même l'habit du médecin. Un règlement de compte avec une médecine dont Molière désespérait de l'efficacité au fil de l'évolution de sa maladie et de ses pièces, dans une interprétation irrésistible.

Voir Michel Bouquet sur scène, et qui plus est dans un grand rôle du répertoire, est un pur plaisir d'esthète. Quel métier ! A 82 ans, il nous régale pendant deux heures d'un jeu tout en subtilités, en nuances, truffé de trouvailles dignes d'un jeune homme espiègle. Il est habité cet homme-là ! Il EST le théâtre. Il reste, avec Robert Hirsch, un de nos derniers monstres sacrés des planches. Dans un décor dépouillé à l'extrême, juste habillé de tapisseries orange, d'une immense tenture rouge et éclairé par un superbe lustre, campé dans son fauteuil en plein milieu de la scène, Michel Bouquet focalise toutes les attentions. Si le monologue du début, certes imposé par le texte de Molière, s'avère un peu longuet, il n'empêche que cette petite musique "en sols majeurs" constitue pour lui une sorte d'échauffement comparable à celui d'un coureur de fond. En effet, tout de suite après cette litanie de comptes d'apothicaire, la pièce prend son rythme et ne s'en départira plus durant deux heures.

Bien sûr la pièce repose essentiellement sur le tandem Michel Bouquet/Juliette Carré (qui campe Toinette). Leur duel est réellement jubilatoire. La mécanique est précise, parfaitement huilée, toute en finesse. Et la troupe qui les entoure, aspirée par ces deux phénomènes, ne commet aucune fausse note. On assiste ainsi à de grands moments du théâtre classique, comme le numéro de duettistes des Diafoirus père et fils par exemple. Enfin, cette pièce à la mise en scène vraiment dynamique se termine par une scène étourdissante à rendre jalouses moult comédies musicales ! Un grand moment de théâtre.

C'est où ?
Le Malade imaginaire
Théâtre de la Porte St Martin
18, Bd St Martin (10è) - M° Strasbourg St Denis
Dernière: demain après-midi !

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10 janvier 2009

Elisabeth Buffet au Dix-Heures

buffetJeudi dernier, j'ai assisté à une représentation du spectacle d’Elisabeth Buffet au théâtre de Dix Heures à Pigalle. Même si le spectacle débutait à 22h et que la température était de -2°C, la salle était quasiment pleine. Ainsi, ni le froid, ni l’heure tardive n’ont su décourager le public d’Elisabeth Buffet. Et l'on comprend pourquoi en assistant au spectacle !

Elisabeth Buffet est une quadragénaire cinglée et un peu paumée. Elle ne fait pas dans la dentelle, mais, comme Bridget Jones, c’est aussi un peu notre meilleure amie. Enfin pas toujours ! Tout le monde en prend pour son grade et tous les sujets du genre y passent : les rapports hommes/femmes, son vibromasseur, un homme inconnu découvert dans son lit, la gueule de bois du lendemain, la séance d'épilation corse, le camp de nudistes au Cap d'Agde et j'en passe !

Certes, son langage est très cru, mais c'est vraiment très drôle ! D’ailleurs, son interprétation magistrale rend parfaitement naturel le ton décalé, licencieux et osé. On pourrait la croire vulgaire, alors que ce n’est absolument pas le cas ! Au spectateur de gratter la croute sur le pâté  la surface des répliques. Certes, le sujet n’est pas très original mais il est traité avec un humour corrosif et un second degré absolument irrésistibles !

N'hésitez plus, foncez !

C'est où ?
Elisabeth Buffet
Théâtre de Dix Heures
36, boulevard de Clichy (18è) - M° Pigalle
01 46 06 10 17

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13 décembre 2008

Laurent Lafitte au Petit Palais des Glaces

LafitteProduit par Dominique Farrugia, le spectacle de Laurent Laffite "Comme son nom l'indique", au petit palais des glaces, est une vraie tuerie ! Jouant une galerie de personnages aussi vrais les uns que les autres (Grannie, Jean-Claude, le stand-up comedian...), l'ex acteur du sitcom "Classe Mannequin" (si, si, j'vous jure) réussit son premier one man show avec les félicitations du jury ! L'humour est féroce, les caricatures tombent justes, les rires fusent tout le temps.

Laurent Lafitte est non seulement un acteur très doué, mais également un auteur fin et intelligent. Ses portraits au vitriole soulignent le pathétique de certains personnages avec un humour incisif et à se tordre de rire. Bref, le genre de spectacle que l'on irait bien revoir à l'occasion tellement on a ri (je ne m'étais pas marrée autant depuis très longtemps, croyez-moi!). Tout, même le plus trash, est traité avec tant de vérité et de causticité que les plus grands moments de solitude des personnages nous font hurler de rire! Bouh, qu'on n'est pas gentils... mais qu'est ce qu'on se marre !!

Foncez-y !

C'est où ?
Petit Palais des Glaces
37, Faubourg du Temple (10è) - M° République
Jusqu'au 3 janvier 2009.

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